CES FEMMES
Elles, pourtant fatiguées, usées mais dont les intérieurs pauvres brillaient, s'illuminaient comme si le soleil leur venait de l'intérieur.
Elles, au cœur si grand et si gros qu'elles ne se plaignaient jamais de leur sort, élevant leurs nuées d'enfants sans jamais montrer de fatigue.
Elles, qui supportaient les coups, les ivresses, les détresses de leurs hommes esclaves de la mine.Elles, qui se rapetissaient à mesure que le temps passait, mais toujours vaillantes, encore au service du dernier fils, qui n'était pas encore marié...
Elles qui n'avaient d'autres distractions que le café, sans cesse réchauffé au coin du fourneau et qu'elles partageaient entre voisines.
Elles, qui ont aussi respiré cette poussière mortelle qui tapissait leurs rues et noircissait mes culottes et mes chaussettes en quelques minutes.
Elles,qui allaient cueillir la luzerne dans les champs pour nourrir leurs lapins qu'elles égorgeaient pour le repas dominical.
Elles, qui partageaient la passion de leurs hommes pour les canaris chanteurs ou les pigeons voyageurs .
Ces femmes qui ont vécu la misère, la peur, la mort à chaque coup de grisou ou à chaque grève,
Elles, que j'ai vues partir mais que je n'ai pas oubliées.
A toutes celles que j'ai connu, je dédie ce texte, en hommage à ma grand-mère.
LA VIEILLE DAME
Le visage ridé,
Le corps déformé,
Petite pomme flétrie,
Meurtrie,
Ratatinée.
Elle fuit les gens,
La vie,
Le temps.
Et le vide l'aspire
Et le vent la respire
C'est bientôt le néant.
© Aubépine - 1985-2004

LE BUISSON D'AUBEPINE
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